Deux puissants conglomérats des médias, NBC et News Corporation, le groupe de Rupert Murdoch, s'allient et fédèrent les principaux géants du Web, Yahoo!, Microsoft, AOL ou MySpace, pour un pharaonique projet de service de vidéo en ligne, dont l'objectif, non avoué explicitement, est de damer le pion à Google et sa récente aquisition, YouTube. Gratuit, le service sera financé par la publicité.
L'annonce est colossale, et pourrait bien chambouler le modèle actuel de la distribution de contenus vidéo avec un impact aussi bien sur les services en ligne que sur les canaux traditionnels tels que la télévision. Plus d'infos sur Neteco.
Voilà un truc qui me trotte dans la tête depuis un moment. Des nombreux services de vidéo en ligne qui essaiment sur le Web 2.0, lequel propose la meilleure qualité ?
Au niveau des fonctionnalités, tous proposent plus ou moins la même chose à l'heure actuelle. Plus tard viendront le montage en ligne, la diffusion sur mobile et d'autres nouveautés qui permettront peut-être de faire la différence, mais aujourd'hui, quel est le service qui massacre le moins vos productions par la compression ? Le meilleur moyen de s'en rendre compte est d'envoyer la même vidéo sur chacun de ces services et de comparer les résultats obtenus sur une même page. Dont acte.
Impossible d'être exhasutif. Je me concentrerai donc sur les services les plus connus et les plus utilisés dans la blogosphère francophone. Sont retenus l'incontournable YouTube, son pendant français Dailymotion, le très médiatisé (faudrait inventer un mot pour ce phénomène au sein des blogs ; blogotisé ?) Vpod.tv, Google Video et MySpace. Si vous aimeriez voir un autre service dans la liste, n'hésitez pas à me le faire savoir ;-)
Pour ce faire, je me suis rendu sur les Champs Elysées et j'ai tourné à l'aide de mon appareil photo (Canon Ixus 50) une vidéo d'environ 30 secondes, en 640x480 et 30 images par seconde, de la circulation. Bien qu'elle ne soit pas particulièrement captivante, elle permet de se rendre compte des méfaits de la compression sur des images en mouvement rapide. Impossible de comparer les temps d'upload ou de traitement de la vidéo sur les différents services, ces deux paramètres dépendant de leur charge respective à l'instant T. Tous les lecteurs sont réglés pour un affichage 425 x 350 pixels, d'où l'apparition de bandes noires sur certains.
YouTube : limite placée à 100 Mo ou 10 minutes
Dailymotion : limite placée à 150 Mo
Vpod.tv : pas de limite indiquée
Pas de son sur celle-ci chez moi, incapable de vous dire pourquoi...
Google Video : au delà de 100 Mo, passer par l'utilitaire d'envoi
Kewego : limite à 150 Mo
Peut-on conclure de ce comparatif que la qualité se dégrade au fur et à mesure que le service devient largement utilisé et suscite d'importantes dépenses en matière de bande passante ? Avis bienvenus ;-)
Trêve de spéculations, l'annonce est désormais officielle : Google vient d'annoncer officiellement l'acquisition du portail d'hébergement et de diffusion de vidéos en ligne YouTube pour un montant de 1,65 milliard de dollars. Le numéro un mondial de la recherche en ligne signe ainsi la plus importante opération de ses huit années d'existence.
Cette acquisition permettra à Google de s'imposer comme l'un des leaders mondiaux de la vidéo en ligne. Le moteur de recherche précise toutefois que YouTube conservera sa marque, ses 67 employés et une relative autonomie. L'expérience et l'expertise de Google en matière de recherche d'informations et de publicité en ligne devraient permettre aux deux sociétés de développer de nouveaux modèles économiques permettant de rentabiliser un site en plein essor. Aujourd'hui, YouTube diffuse plus de cent millions de vidéos par jour et consacre plus d'un million de dollars par mois à ses frais de bande passante.
"Notre communauté a joué un rôle vital dans l'évolution du rapport des gens aux médias en créant une nouvelle culture du clip vidéo. En joignant nos forces à celles de Google, nous serons en mesure de proposer une expérience plus complète du divertissement tout en créant de nouvelles opportunités pour nos partenaires", explique Chad Hurley, cofondateur et PDG de YouTube.
Cette acquisition, qui devrait être bouclée par échange d'actions au quatrième trimestre 2006, intervient alors que les deux sociétés viennent séparément de signer plusieurs contrats avec d'importants distributeurs de contenus. Les nombreux clips musicaux, extraits d'émissions TV ou épisodes de séries TV à succès qui habitent les serveurs de Google ou de YouTube circulent en effet en toute impunité sans que les ayants-droit ne touchent la moindre rémunération.
Selon les termes des accords définis aujourd'hui avec Sony BMG, Universal et plusieurs chaînes de télévision comme CBS, Google et YouTube pourront héberger certains contenus protégés par le droit d'auteur mais devront vraisemblablement partager les recettes publicitaires générées par ces derniers avec les ayants-droit. Ils devront en contrepartie s'engager à lutter plus efficacement contre les atteintes au copyright.
La rumeur enfle depuis quelques jours : Google serait susceptible de racheter la société qui édite le site YouTube pour un montant d'environ 1,6 milliard de dollars ! Le Wall Street Journal enfonce le clou dans un récent article : il affirme tenir, d'une source proche du dossier, que les négociations seraient déjà avancées, bien que Google se refuse pour le moment à cautionner "rumeurs et spéculations".
Certains analystes estiment que ce rachat aurait du sens, et rappellent que selon Hitwise, YouTube aurait attiré 46% des visites vers des sites proposant des vidéos en ligne pour le mois d'aout dernier, contre 23% pour MySpace et 10% pour Google Video. YouTube, qui revendique plus de 100 millions de vidéos vues par jour sur son service, dépenserait plus d'un million de dollars par mois en bande passante.
Pour YouTube comme les autres services du même genre (cf. le français Dailymotion) se pose la question de la gestion des contenus protégés par le droit d'auteur. L'américain YouTube tente de circonvenir le problème en passant des deals avec des maisons de disque ou des studios, afin de diffuser leurs contenus en partageant ensuite avec eux les recettes publicitaires. L'arrivée de Google pourrait permettre de faciliter la signature de ce genre d'accord. Et le moteur de recherche, qui se cherche encore dans la vidéo, trouverait sans doute de nouveaux moyens de monétiser l'audience de YouTube...
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