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jeudi, juin 19 2008

Hadopi : Albanel plonge dans le grand bain

C'est l'avantage de n'être qu'un jeune journaliste : lassitude et amertume ne se sont pas encore installées, et l'on est encore capable d'éprouver un frisson d'émotion lorsqu'on franchit le seuil de la rue de Valois pour sa première conférence de presse en présence d'un, ou en l'occurrence d'une, ministre de la Culture. J'ai déjà détaillé en long, en large et en travers - question du filtrage des réseaux exceptée mais l'on y reviendra - la teneur du projet de loi Hadopi sur Clubic, et ne me répèterai donc pas. En revanche, difficile de ne pas revenir sur le contexte dans lequel il s'inscrit.

Christine Albanel sait-elle qu'elle s'engage dans un combat qui menace son poste rue de Valois ? Son prédécesseur, Renaud Donnedieu de Vabres, n'a pas survécu aux conflits liés à la loi DADVSI, et la ministre en titre risque fort de suivre le même chemin tant le vote du projet Hadopi va se révéler difficile. Plusieurs raisons à cela.

Christine Albanel

Initié par Nicolas Sarkozy himself, dans une lettre de mission adressée à Mme Albanel le 1er août dernier, le projet de loi Hadopi va déchaîner les passions. Le soutien explicite du chef de l'Etat n'y sera pas pour rien : boudé par les Français qui l'ont élu, celui-ci ne semble plus faire l'unanimité au sein de sa propre majorité, et des dissensions marquées se sont déjà fait sentir au sujet de la loi Hadopi.

En face, l'opposition se régale à l'idée de démolir un projet aussi impopulaire aux yeux des internautes. Pour ce faire, elle bénéficie du soutien appuyé d'une partie de la presse qui, de Libé à Numerama en passant par PCInpact, ZDNet et, de façon nettement plus mesurée, par Clubic, ne manque pas de pointer du doigt les lacunes et dérives potentielles du projet.

Difficile de ne pas se montrer un brin sceptique vis à vis de ce projet, qui prévoir pour mémoire de suspendre l'abonnement à Internet de l'abonné qui aurait été pris à plusieurs reprises à télécharger illégalement. Impossible de ne pas hausser les sourcils lorsqu'on entend parler d'une Haute Autorité qui viendrait se substituer aux mécanismes de la justice sans pour autant l'évincer complètement, puisque la condamnation au pénal n'est pas totalement écartée (double peine ?) et qu'il faudra faire appel à un juge pour contester l'une des décisions de l'Hadopi.

Mercredi, rue de Valois, le scepticisme était également de rigueur pour la cinquantaine de journalistes présents, et la séance de questions réponses qui a suivi le discours de Christine Albanel l’a bien montré. Tous ont pointé du doigt les failles et dérives potentielles du projet.

Toute personne un peu censée est aujourd’hui consciente du fait que le piratage tel qu’il est pratiqué aujourd’hui en France et dans le monde menace l’avenir de la culture. Ecartons les beaux discours vantant les mérites de l’art libre et détaché de toute contrainte matérielle : les artistes doivent gagner leur pain, et la filière tout entière se trouve menacée si leurs revenus le sont. Pour autant, les choix adoptés par le gouvernement sont-ils les bons ?

La dissuasion est une méthode théoriquement éprouvée : demandez à nos sous-marins nucléaires. Envoyer par milliers des messages d’avertissement aux internautes convaincus de téléchargement illégal en conduira sans doute une bonne part à cesser leurs coupables agissements. Mais le problème restera entier : l’internaute d’aujourd’hui n’est plus prêt à dépenser vingt euros pour un CD. Il rechigne à acheter un à un ses titres sur Internet, à 0,99 euro l’unité, même si les DRM ont fait long feu. Il aime la possibilité de télécharger un film avant même sa sortie dans les salles, et l’on voit difficilement comment il renoncerait aux plaisirs délictueux que lui procure Internet.

Nous avons donc d’un côté une industrie exsangue, qui hésite à amorcer une véritable rupture dans sa façon de fonctionner, de peur de voir ses revenus compromis, et de l’autre une population de millions d’individus dont le rapport aux œuvres de l’esprit a changé. L’internaute d’aujourd’hui télécharge, écoute sa musique sur Deezer, et lit la presse gratuite disponible dans le métro.

Du côté de la musique et du cinéma, les principaux concernés ont pris connaissance de cet état de fait, même s’ils se refusent à l’admettre publiquement. Eux même peinent à croire que le projet de loi Hadopi permettra de résorber la tâche d’huile du téléchargement, comme me l’ont confirmé les quelques conversations perçues dans les salons de la rue de Valois suite à la conférence de presse proprement dite. Off the record, certains n’hésitent pas à l’admettre de façon explicite.

Dès lors, quelle voie adopter ? Comment concilier les aspirations légitimes de l’un et les habitudes de l’autre ? La réponse serait à mon sens, comme à celui de bien d'autres... à chercher du côté de nouveaux modèles, et non en tentant de systématiser une vaine répression.

samedi, mars 3 2007

Deux invits pour Joost, ex Venice Project

Joost Paris Hilton

Le projet Joost, anciemment connu sous le nom de code The Venice Project, s'ouvre un peu plus largement aux bêta testeurs. Comme d'autres participants, je viens de recevoir deux invitations à transmettre aux internautes de mon choix. Un petit commentaire, avec votre nom et email, et c'est pour vous ;-)

Pour mémoire, Joost est le dernier projet en date des fondateurs de Kazaa et Skype. Il s'agit, pour faire simple, d'un programme de télévision/vidéo à la demande qui fonctionne sur le mode du P2P (peer-to-peer). Ainsi, lorsque vous regardez un programme sur Joost, vous contribuez à sa diffusion vers les autres utilisateurs du service. Ce système partiellement décentralisé permet de limiter les coûts de bande passante en faisant partager cette dernière entre les différents utilisateurs et donc, de fournir des vidéos de bien meilleure qualité que ne peuvent le faire des services comme YouTube ou Dailymotion.

Vous pouvez retrouver une présentation détaillée de Joost, captures d'écran à l'appui, sur Clubic. Quelques jours après avoir publié cet article, pour lequel j'ai joyeusement envoyé valdinguer l'accord de confidentialité passé auprès de Joost (oups, pardon, pas pu résister, mais c'est pour la bonne cause ;-)), j'ai eu la surprise de retrouver l'une de mes captures d'écran "exclusives" sur le site du Monde, sans que la source de cette image soit mentionnée.

Ironie du sort, ou perversion du milieu de la presse, l'auteur de cet article m'avait donné, voilà quelques années, un cours sur l'éthique du journaliste... Bizarrement, ce monsieur avait choisi la plus racoleuse de mes captures, celle sur laquelle on retrouve l'ineffable héritière de la famille Hilton. Y'a plus de valeurs ma brave dame, tout se perd !

lundi, décembre 4 2006

Zudeo, par Azureus : YouTube en P2P

Outre les questions relatives au copyright, quelle est la principale faiblesse de services de partage de vidéos en ligne comme Google Video, YouTube ou Dailymotion ? La réponse est simple : il s'agit de leur modèle centralisé, qui implique de colossales dépenses en matière d'hébergement et de bande passante. Azureus, la société qui édite le logiciel de peer-to-peer du même nom, basé sur le protocole BitTorrent, nous arrive aujourd'hui avec Zudeo, un service de vidéo en ligne grâce auquel elle promet que l'internaute pourra dépasser les limitations inhérentes aux services suscités et diffuser par exemple ses productions en haute définition.

En avril 2006, Forbes estimait que les contenus hébergés sur YouTube occupaient plus de 200 To d'espace et que leur diffusion entrainait une facture mensuelle d'au moins un million de dollars. Avec des vidéos compressées autant que possible, qui restreignent sérieusement les possibilités de lecture en plein écran, YouTube doit déjà faire face à des frais de fonctionnement colossaux.

Comment, dans ces conditions, envisager la diffusion de contenus en qualité DVD, voire en haute définition (HD) ? La seule solution consiste à réduire les frais de bande passante en tirant parti des connexions haut débit des internautes, sur le modèle du peer-to-peer (P2P).

Zudeo Azureus

Aujourd'hui accessible à tous, au moyen du client Azureus en version 3, Zudeo diffusera prochainement des contenus en provenance d'éditeurs ou de chaines de télévision. Les internautes peuvent également utiliser le service, comme sur YouTube, pour faire connaitre leurs productions. Mais ici, pas de compression excessive et pas de limite de taille ou de durée, P2P oblige. Zudeo se contente de stocker les fichiers sur un serveur central afin qu'ils restent disponibles mais le gros de la diffusion est assuré par les utilisateurs eux-mêmes, qui uploadent des parties du fichier pendant qu'ils le téléchargent. Plus tard, Azureus devrait proposer un mode streaming et intégrer un lecteur vidéo, afin que les utilisateurs continuent à partager pendant qu'ils regardent une vidéo.

A mon sens, une possible killer app de la vidéo 2.0, peut-être celle que tout le monde attendait. Azureus proposera notamment à ses utilisateurs d'insérer des publicités à leurs vidéos, et partagera avec eux les recettes générées par ces dernières. Ca ne vous rappelle pas l'une des grandes lignes du modèle de Vpod.tv (qui ne se limite toutefois pas à ca) ? Sauf qu'ici, Azureus affronte des couts de fonctionnement réduits si le service fonctionne, ce qui lui permet d'assurer des marges confortables.

Niklas Zennström et Janus Friis, fondateurs de KaZaA et de Skype, réfléchissent à la mise en place d'un service similaire, basé sur le P2P, pour le moment connu sous le mon de code de "Venice Project".

jeudi, novembre 30 2006

P2P : la p'tite instit' condamnée avec sursis...

Anne-Sophie Lainnemé

Poursuivie pour téléchargement illégal sur les réseaux de peer-to-peer en 2004, Anne-Sophie Lainnemé avait marqué les esprits en acceptant de témoigner à visage découvert sur la question. Elle avait notamment fait la Une de Télérama. Cette institutrice de 29 ans, qui plaidait l'ignorance et le manque d'informations relatives aux échanges illégaux de fichiers sur Internet, vient d'être condamnée par le tribunal correctionnel de Rennes à 1 200 euros d'amende avec sursis. Elle devra par ailleurs verser 2 225 euros au titre des dommages et intérêts et des frais de justice à la SPPF (Société des producteurs de phonogrammes en France) et à la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques).

couv téléramaLorsque les gendarmes ont perquisitionné chez elle en 2004, Anne-Sophie Lainnemé détenait quelque 1300 morceaux téléchargés depuis les réseaux de peer-to-peer (en l'occurrence Kazaa) sur son ordinateur, ainsi que 300 CD. Authentiques, ceux-ci.

Poursuivie pour contrefaçon au droit d'auteur, elle encourait une peine maximale théorique de trois ans de prison et 300 000 euros d'amende. "Le tribunal a fait une application bienveillante de la loi en tenant compte des circonstances de l'époque, en avril 2004, où personne ne connaissait les conséquences juridiques du téléchargement", a déclaré son avocat après le verdict.

C'est à ça que ressemble un méchant pirate ? Facile de militer contre les méchantes maisons de disque avec un tel exemple. Sur les forums, certains réfléchissent à la façon d'organiser une collecte de fonds pour l'aider. D'autres estiment que la peine est amplement méritée.



Photo Valéry Hache - AFP

lundi, mai 1 2006

Musique gratuite financée par la pub chez Napster

Selon Reuters, Napster s'apprête à lancer une version gratuite de son service de téléchargement de musique. Financée par la pub, cette dernière permettrait d'écouter à la demande n'importe lequel des deux millions de morceaux du catalogue jusqu'à cinq fois chacun. Pendant ce temps en France, on attend toujours une offre de musique illimitée de type Yahoo Music...

jeudi, avril 6 2006

zSlide, peer to peer par email

J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de zSlide, dont je me suis laissé dire en fait qu'ils bossaient par exemple avec des grands comptes comme Wanadoo. Je viens de recevoir un communiqué au sujet d'un nouveau service, zSlideMail, qualifié de service d'e-Mail Peer-to-Peer pour envoyer des pièces jointes de taille presque illimitée. Il semblerait qu'ils soient un peu embêtés d'annoncer leur truc juste après le passage du DADVSI, qui les condamne de fait à 300 000 euros d'amende et trois ans de prison, mais bon.

N'ayant pas trop le temps de tester ce service - bêta test ouvert - ou de fouiller pour en savoir plus, je laisse ce communiqué aux soins de votre bienveillante sagacité :)

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